une nouvelle aventure
de nouvelles opportunités grâce aux pays émergents
des métiers d'avenir
le rôle de l'Europe
les objectifs et priorités de danone
"Les pays émergents vont transformer l’état d’esprit de Danone et inspirer l'innovation"
FRANCK RIBOUD, PDG de Danone
"Les pays émergents vont transformer l'état d'esprit de Danone et inspirer l'innovation" Franck Riboud, PDG de Danone
L’année 2010, c’est plus qu’une année de basculement, je pense que c’est la fin d’une période et on va entamer le début d’une nouvelle aventure pour Danone. Alors cette nouvelle aventure est effectivement liée à notre transformation géographique, mais qui ne s’est pas faite entre 2010-2011. Cette transformation géographique s’est construite depuis une quinzaine d’années. La chose qui est passionnante, c’est quand on regarde le Top 10 des pays de Danone, il y a effectivement maintenant 5 pays émergents, je pourrais même dire 6 si je mets les Etats-Unis dedans, qui comme vous le savez, pour nous, vu ce qu’ils consomment de yaourt, par an, par habitant est un pays émergent. Donc ça va vraiment être une nouvelle aventure avec une nouvelle donne, des nouveaux pays, des nouvelles contraintes, mais aussi d’énormes opportunités. La partie très intéressante pour les pays émergents c’est de transformer le mind set de Danone, la manière de penser. C'est-à-dire que si on pense innovation, il va falloir que cette innovation vienne des pays émergents, si on pense nouvelle organisation, il va falloir qu’elle vienne des pays émergents, si on pense nouvelle food plateform, la même chose, se connecter au consommateur différemment, la même chose, parce qu’ils ont un prisme qui n’a rien à voir avec celui des autres pays, puisque, justement ils sont en croissance à 2 chiffres, donc avec des problématiques qui ne sont que de choisir parmi des milliers d’opportunités, ce qui est beaucoup plus positif. Et c’est la raison pour laquelle moi je pense que, même si le contexte mondial semblent très compliqué, si je regarde Danone, je suis d’un énorme optimisme à condition qu’on accepte de se faire impacter par tout ce que ces pays émergents, en termes de culture, de ressources humaines, d’innovation, d’organisation, de nouvelle façon de parler au consommateur, vont nous apporter. Donc c’est vraiment ça que j’attends au-delà de l’impact financier ou économique. Les 4 métiers du Groupe sont les métiers d’avenir, avec des rôles plus ou moins différents. Je vais vous donner un exemple : si je raisonne en termes de vitesse, d’atteinte de résultats économiques satisfaisants, en termes de retour sur investissement, en termes de marge positive, c’est sans doute le plus petit métier qui est le plus intéressant, la nutrition médicale. Ça va très vite les marges sont fortes, la croissance est énorme, les besoins sont colossaux. Le baby food est un peu comme ça aussi. L’eau sera plus régionale avec le déploiement de Bonafonte. Le dairy reste un moteur, mais la chance que l’on a justement, par rapport au passé c’est qu’aujourd’hui on a 3 autres moteurs qui sont tous aussi performants. Il suffit de regarder les résultats du premier trimestre en termes de croissance de chiffre. Donc notre métier va être de les développer dans tous ces métiers. On est vraiment, je pense, à la veille d’une expansion très forte. Concernant l’Europe, ce qui est très important c’est qu’on lui donne un rôle qui est dimensionné pour elle. On y a des compétences, on y a des hommes, on y a notre centre de recherches, on y a l’expérience… donc il faut qu’on lui fasse jouer ce rôle non plus de « j’invente tout pour le reste du monde » mais « je veux ouvrir les yeux sur le reste du monde, utiliser tout ce qui se fait, et retrouver de la dynamique ». Nous n’allons pas demander à l’Europe de faire des croissances à 2 chiffres comme en Indonésie ou en Argentine, ce serait totalement stupide, même suicidaire ! Par contre, de donner à l’Europe un rôle, vu la masse importante, d’une croissance entre 1% et 3%, (s’ils peuvent faire mieux, tant mieux) tout ça dans un phénomène de croissance rentable. S’ils sont un peu positifs, ça va nous donner un levrage colossal sur les zones qui deviennent de plus en plus importantes. Donc chacun a son attribut, chacun a sa mission en quelques sortes. Donc moi je pense qu’il faut rester excessivement positif pour Danone en Europe. Les objectifs sont pour moi très clairs. Il y a d’abord les problématiques qui nous environnent, tout ce qui concerne les matières premières. Et pour moi le métier de Danone n’est plus de prendre l’impact de la matière première et de la transférer au consommateur, le métier de Danone c’est de prendre les matières premières, de réduire l’impact, d’abord par la productivité car grâce à ça, on peut commencer à matcher une partie de la hausse des matières premières. La deuxième chose, c’est de développer des mix-produits valorisés car nos concurrents ne les ont pas. Après il y a, bien évidemment, en terme de priorités les grands zones géographiques, celles où on est déjà très présents, qu’on va prioriser et qui sont vraiment l‘avenir du groupe. Même si les autres le sont aussi, mais elles sont impactantes rapidement. C’est ça qui est important. C’est ce qu’on appelle les MICREUBs (le Mexique, l’Indonésie, la Chine, la Russie, les Etats Unis, et le Brésil). Cela est une autre priorité en terme de géographie. Il y a une dernière priorité sur laquelle je vais personnellement me pencher, c’est l’innovation, mais, en essayant de ne pas être classique dans la démarche. Nous avons déjà changé de Directeur de la Recherche, c’est une démarche qui est assez originale puisque ce n’est pas un scientifique. C’est justement pour ça, parce que je veux reconnecter la Recherche dans laquelle il y a plein de scientifiques, au business, au Développement, au besoin-consommateur, donc il me faut un homme de marketing, et en plus un manager pour bien animer les équipes. La science, on l’a autour. Et ça va être un peu ma priorité cette année. Propos recueillis le 17 avril 2011
